Le jardin-forêt


Un jardin-forêt (ou une forêt nourricière, forêt comestible, jardin forestier) est une traduction du terme anglo-saxon de Food Forest (forêt qui produit de la nourriture). Ce principe de culture essaie de recréer une forêt en utilisant des arbres et des végétaux consommables par l'Homme.

Les forêts sont les écosystèmes les plus autonomes, durables et fertiles que l'on trouve sur notre Terre.

Le jardin-forêt copie les caractéristiques des forêts, comme l'occupation de l'espace en strates (canopée, arbustives, buissons, lianes, etc...) et du temps (succession écologique), pour avoir leur propriétés (résilience, stabilité, fertilité, biodiversité). Tout ceci en ayant une production utile à l'Homme (fruits, légumes, racines, plantes aromatiques et médicinales, bois, feuilles, etc...), plus abondante et diversifié grâce au choix adapté des espèces et variétés comestibles mise en place.

Le jardin-forêt n'est pas une nouveauté : on en trouve sur les sites d'anciennes civilisations (Mayas, Zapotèques en Amérique, au Bénin en Afrique, au Sri Lanka, en Inde). Il y a 3,5 millions de jardins-forêts en Inde, dans le Kerala et les habitants, bien que pauvres, y sont mieux nourris que le reste de la population indienne.

Anandwa, dans l'état indien du Maharasthra, est le plus grand jardin-forêt du monde avec 25 000 arbres plantés.

On en trouve encore peu en zone tempéré car ils ne sont pas productifs toute l'année.

Vous trouverez plus d'informations sur le site de la Forêt Nourricière : ici 


Mise en place d'un jardin-forêt au jardin du Centaure


Année 2016

Ci-dessous, la photo montre la mise en place du jardin-forêt à partir de la prairie et en utilisant les 3 rangs de cassis, le rang de groseilles à maquereau et le rang de myrtilles arbustives déjà installé en 2015 (plantation d'arbres fruitiers dans l'alignement des rangs).

Un essai est fait avec plantation d'un arbre fruitier (pommier, poirier, prunier, etc...) et la disposition autour de celui-ci d'arbustes à fruits comestibles divers.

La mise en place des strates herbacées et racinaires se fera plus tard (2 ou 3 ans) après le développement des premières plantations.

Photo (vu du haut du jardin-forêt) prise en novembre 2016.

Année 2017

Nous continuons la mise en place du jardin-forêt (une visite annuelle dédiée aura lieu lors de la porte ouverte du premier week-end de juin, avec une visite commentée sur ce thème à 15 h le samedi et le dimanche). Cette année nous continuons la plantation avec de nouvelles espèces.

Arbres présents : pommiers, pruniers, poiriers, cerisiers, kakis, nashis, noyers (européens, américains et japonais), pêchers, araucaria, pin pignon, alisier, cognassier, pacaniers (noix de pécan), sorbiers, grenadiers, jujubiers frênes.

Arbustes présents : amélanchiers, sureaux, arbousiers, aronias (arbutifolia et melanocarpa), noisetiers, genévriers, mûriers blanc et noir, citronniers (poncirus), asiminiers (paw-paw), argousiers,

Eleagnus multiflora, cornouillers, ragouminier, cornus kousa, raisinier de chine, azéroliers blanc et rouge, poivrier du Sichuan, chêvrefeuille comestible, goyavier, arbre aux faisans.

Petits fruits : cassissiers, framboisiers, myrtilliers (sauvage et arbustif), groseilliers (rouge, blanc et à maquereaux), baie de mai, airelles, canneberge, arbre aux faisans, gojis (rouges, noirs et jaunes), mahonia, myrte.

Lianes : Kiwais, akébie, vigne. 

Plantes médicinales et aromatiques : consoude, thym résineux, scrofulaire,  

Ci-dessus une vue de notre jardin-forêt sous la neige (photos prises en février 2018)

Année 2018

Après un hiver et un printemps très pluvieux (1200 mm de pluie du 1er janvier au 14 juin), l'été fut particulièrement sec (seulement 130 mm du 15 juin au 30 septembre) et il à fallu arroser à la main, avec des arrosoirs, les plantations du printemps.

L' année fut très éprouvante, avec des pertes assez conséquentes sur les petits arbres et les plantations récentes.

A l'avenir, il va être favorisé des espèces très résistantes à la sécheresse comme le pêcher, le noisetier afin de créer un "couvert" pionnier pour de futures implantations d'espèces plus sensibles au manque d'eau. De plus, nous allons greffer des poiriers sur des porte-greffes sauvages qui poussent bien mieux en conditions très sèches. Nous avons deux de ces arbres qui poussent dans une haie et qui donnent de nombreux fruits (ceux-ci seront semés régulièrement pour faire des porte-greffes).

Vue du jardin-forêt en septembre 2018

Vous pouvez remarquer la sécheresse du terrain et la pousse bien faible des différentes plantes (à l'exception des pêchers).

Année 2019

Les années se suivent et se ressemblent mais en pire !!! Après un printemps pluvieux nous avons subi un première canicule fin juin puis la sécheresse tout l'été, avec une deuxième canicule en juillet. Les plantes et les arbres ont souffert.

Nous n'avons pas assez d'ombre. Nous allons planter notre pépinière de pêchers pour créer cette ambiance forêt protectrice plus rapidement (même dans nos cultures de plantes médicinales qui souffrent aussi). Nous continuons malgré tout notre programme de plantation (nous avons essayé un pied de grenadier cet automne 2019). 

Nous testons une technique simple mais qui semble limiter un peu les dégâts sur jeunes plantations (voir photos) : une bouteille remplie à ras bord d'eau (1l à 1,5 l) et recouverte par un bidon plastique de 20 l au sommet découpé. Ce circuit fermé maintient une humidité du sol à proximité du jeune plant ce qui aide à maintenir les petits canaux aquifères et de remonter de la fraîcheur des profondeurs.

Les 4 premières photos ci-après sont prises à la fin du printemps, puis après ce sont les photos du jardin-forêt en septembre avec les conséquences de la sécheresse.

Voici les photos de la "pompe statique et autonome".

Voici les photos des greffes de poirier réalisées en avril 2019 sur des rejets ou des semis de graines de nos 2 poiriers sauvages qui poussent sur notre terrain. Elles ont une belle vigueur malgré l'été très chaud et sec. (la première photos montre un des deux poiriers sauvages)

Et voici les pêchers issus des semis de l'automne 2018 (pêches de vigne blanches principalement). Photo de septembre 2019.